Prôner des idées, quelles qu’elles soient, ne peut aller avec un rejet de l’écoute de l’autre sans quoi le corps social se polarise, et la démocratie se fragilise.
Les prises de paroles du Président américain Donald Trump ont toutes une chose en commun, il dit La vérité, et ceux qui sont contre lui mentent forcément. Il est interessant de noter à ce propos que ses plus fervents soutiens le croient sur parole, ne cherchant jamais à remettre en question ce qu’ils entendent ou lisent, notamment sur les réseaux sociaux.
Ce phénomène, s’il est à son paroxysme au Etats-Unis est aussi présent dans une moindre mesure dans nos démocraties européennes, et notamment en France. La cause est la polarisation de la société autour de partis populistes.
Ces partis qui ont pris une ampleur inquiétante ces dernières années sont basés sur un rejet de l’élite en place bien sûr, mais aussi sur un rejet des informations qui sont contraires à leurs idées. Il suffit pour le comprendre de lire les réponses aux tweets des élus ou personnages politiques actuels : chaque prise de position est suivie des louanges des partisans et du rejet catégorique par les opposants, sans toujours chercher à faire preuve de nuance. Si cela est dû à l’état des réseaux sociaux aujourd’hui, c’est aussi en raison de la polarisation politique contemporaine.
Cette polarisation est inquiétante. Loin d’être nostalgique d’un passé lointain, il s’agit de comprendre que nos sociétés sont fragiles, le lien social de plus en plus fin, et que plus ces partis sont puissants, plus la société est à risque. En effet, prôner des idées (quelles qu’elles soient) ne peut aller avec un rejet de l’écoute de l’autre sans quoi le corps social se polarise, et la démocratie se fragilise.
Si nous le voyons avec Trump, qui, étant tellement polarisé, rejette de façon absolue toute idée différente des siennes, quitte à entrer dans un déni flagrant de démocratie ; nous le voyons aussi en France. Les partis extrêmes, bien que portants des idées et des valeurs différentes, ont le point commun de posséder le monopole de leur vérité. Bien plus enclins que Trump à reconnaitre leurs torts, ils sont tout de même dans une dynamique dangereuse de rejet des idées autres.
Cela se manifeste notamment à travers les insultes, devenues chose commune sur les réseaux sociaux mais pas seulement. Il y a une hausse de 32% des violences contre les élus entre 2021 et 2022. Ces violences sont le symbole de pans de la société qui n’acceptent plus que leurs propres idées.
Ces dérives sont dangereuses pour la démocratie. En effet, mêmes si ces partis n’arrivent pas encore au pouvoir, ils contribuent à diviser une société déjà fragmentée. Tous les sujets sont questions à polémique, chacun exprimant sa vérité, et se renfermant sur soi même. Bien évidemment, le biais de confirmation des réseaux sociaux ne fait qu’accentuer ce phénomène.
Il ne faut cependant pas faire porter la responsabilité uniquement sur les réseaux sociaux ou sur les partis populistes. Cette situation est de la responsabilité collective de toute une société qui a cru la démocratie acquise et qui n’a pas cherché à l’entretenir correctement. C’est en ce sens que les jeunes sont les moins attachés à la démocratie (seuls 51% des jeunes se sentent très attachés à la démocratie en 2022). La société entière est responsable de la faiblesse de notre régime démocratique et la polarisation du corps social.
Ainsi, si la situation empire avec un président américain qui est le symbole paroxystique de cette mouvance, il est toujours bon de se rappeler que rien n’est immuable et qu’un sursaut démocratique est possible et ne peut que servir l’intérêt du plus grand nombre, comme le veut notre démocratie.
Ouvrage
Morin, C. (2023). Le populisme au secours de la démocratie. Fayard.
Sources en ligne
Vie Publique. (2024, 21 mars). Violences contre les élus locaux : protection des maires (loi du 21 mars 2024). Vie Publique. https://www.vie-publique.fr/loi/292918-violences-contre-elus-locaux-protection-des-maires-loi-du-21-mars-2024
Le Figaro. (2025, 14 mars). Donald Trump accusé de pratiques illégales : les médias qui le critiquent. Le Figaro. https://www.lefigaro.fr/international/donald-trump-accuse-de-pratiques-illegales-les-medias-qui-le-critiquent-20250314
Institut Montaigne. (s.d.). Une jeunesse plurielle : Enquête auprès des 18-24 ans. Institut Montaigne. https://www.institutmontaigne.org/publications/une-jeunesse-plurielle-enquete-aupres-des-18-24-ans
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