Trump déclare : “Le Groenland n’est pas seulement crucial pour nous, il est essentiel à la sécurité internationale. Partout, vous voyez des navires russes, des bateaux chinois, des bâtiments de guerre.” Une justification qui oscille entre une tentative d’acquisition par le biais diplomatique et une rhétorique laissant entendre une possible prise de contrôle par la force.
Mais pourquoi le Groenland ?
L’île est un pivot stratégique au cœur de l’Arctique, une région de plus en plus disputée en raison de ses ressources naturelles (pétrole, gaz, métaux rares) et de l’ouverture progressive de nouvelles routes maritimes dues au réchauffement climatique. Sa proximité avec l’Amérique du Nord et l’Europe en fait une position clé pour le contrôle des flux maritimes et militaires. Depuis la guerre froide, la base américaine de Thulé y joue un rôle essentiel dans le système de défense antimissile des États-Unis.
Dans un monde où les rivalités entre grandes puissances s’intensifient, Trump justifie son intérêt en invoquant la présence militaire croissante de la Chine et de la Russie dans l’Arctique. Une posture qui alimente les tensions, d’autant que le Groenland et le Danemark ont catégoriquement refusé toute cession ou militarisation forcée de leur territoire.
1) Contexte historique et stratégique du Groenland
Le Groenland, avec une superficie de 2,1 millions de kilomètres carrés, est la plus grande île du monde. Bien que géographiquement située en Amérique du Nord, elle est politiquement rattachée au Danemark depuis le XIIIᵉ siècle. Ce territoire autonome est riche en ressources naturelles telles que le pétrole, le gaz, l’or et les diamants. Sa position stratégique entre l’Amérique du Nord et l’Europe en fait un point d’intérêt majeur pour les puissances mondiales. Historiquement, les États-Unis ont manifesté un intérêt pour le Groenland, notamment en 1946 lorsque le président Harry S. Truman a proposé d’acheter l’île pour 100 millions de dollars, offre que le Danemark a refusée.
2) Déclaration de Donald Trump : Une ambition renouvelée
Le 22 décembre 2024, Donald Trump a déclaré sur Truth Social que “la possession et le contrôle du Groenland sont une nécessité absolue” pour les États-Unis, invoquant des raisons de sécurité nationale et de promotion de la liberté dans le monde. Cette déclaration faisait écho à une proposition similaire en 2019, déjà rejetée par le Danemark. Trump a également exprimé son intérêt pour reprendre le contrôle du canal de Panama, affirmant que les tarifs imposés par le Panama étaient une “escroquerie”.
3) Réactions internationales : Une opposition unanime
En réponse, le gouvernement danois a réaffirmé que le Groenland n’était pas à vendre. Le ministre de la Défense, Troels Lund Poulsen, a annoncé une augmentation significative du budget de la défense pour le Groenland, avec un investissement estimé à plusieurs milliards de couronnes danoises. Ce financement vise à renforcer la présence militaire danoise sur l’île, notamment par l’acquisition de nouveaux navires de patrouille, de drones à longue portée et le déploiement de personnel supplémentaire. Le Premier ministre groenlandais, Múte Egede, a également déclaré que “le Groenland n’est pas à vendre et ne le sera jamais”, réaffirmant ainsi la souveraineté du territoire.
Le chancelier allemand, Olaf Scholz, a souligné l’importance du respect des frontières internationales, déclarant que “le principe de l’inviolabilité des frontières est un principe fondamental du droit international”. Il a également proposé une augmentation de la présence de l’OTAN au Groenland pour contrer les ambitions américaines.
4) entre souveraineté nationale et ambitions expansionnistes
La proposition de Trump soulève des questions complexes concernant la souveraineté nationale et le droit international. D’un côté, les États-Unis mettent en avant des préoccupations stratégiques, notamment la position géographique du Groenland qui offre un accès privilégié à l’Arctique et à ses ressources. De l’autre, le Danemark et le Groenland insistent sur le respect de leur souveraineté et de l’autodétermination de leurs populations. Cette situation met en évidence le paradoxe d’une nation prônant la souveraineté nationale tout en tentant d’acquérir un territoire étranger. Elle soulève également des questions sur le respect des aspirations des populations locales et des implications pour la stabilité régionale.
5) l’échiquier géopolitique internationales
Les déclarations de Trump ont conduit à une escalade des tensions diplomatiques entre les États-Unis et le Danemark. Elles ont également incité le Danemark à renforcer sa présence militaire au Groenland, signalant une volonté de protéger ses intérêts souverains face aux ambitions américaines. Cette situation pourrait entraîner un réalignement des alliances et des stratégies dans la région arctique, une zone déjà convoitée pour ses ressources naturelles et son importance géostratégique croissante en raison du changement climatique. Les actions des États-Unis pourraient également encourager d’autres puissances, comme la Russie et la Chine, à intensifier leur présence et leurs revendications dans l’Arctique, augmentant ainsi le risque de confrontations internationales.
6) Manque d’intérêt de l’Europe ?
Malgré les implications géopolitiques majeures, la réponse européenne à la proposition de Trump a été relativement limitée. Bien que des pays comme l’Allemagne aient exprimé leur opposition, l’Union européenne dans son ensemble n’a pas adopté de position unifiée ou proactive pour contrer les ambitions américaines au Groenland. Ce manque d’intérêt pourrait être interprété comme une absence de stratégie cohérente de l’Europe concernant l’Arctique, laissant le champ libre à d’autres puissances pour influencer la région.
En conclusion, l’intérêt renouvelé de Donald Trump pour l’acquisition du Groenland met en lumière les complexités des relations internationales, où les ambitions géopolitiques se heurtent aux principes de souveraineté nationale et aux aspirations des populations locales. Cette situation souligne la nécessité d’un dialogue diplomatique approfondi pour naviguer dans les défis posés par les intérêts stratégiques et le respect des droits des nations.
1. Page internet : Hubert Védrine, « Trump n’a aucune considération particulière pour les Européens, au contraire » [en ligne], Paris Match, 2025,
2. Page internet : « Le Groenland, un territoire arctique convoité » [en ligne], Le Monde, 2 février 2025, https://www.lemonde.fr/international/article/2025/02/02/le-groenland-un-territoire-arctique-convoite_6527643_3210.html
3. Page internet : « Groenland : convoité par Donald Trump, la Première ministre danoise rallie le soutien de ses alliés européens » [en ligne], Le Figaro, 29 janvier 2025, https://www.lefigaro.fr/international/groenland-convoite-par-donald-trump-la-premiere-ministre-danoise-rallie-le-soutien-de-ses-allies-europeens-20250129
4. Page internet : « Convoitise américaine sur le Groenland : tour d’horizon des enjeux » [en ligne], RFI, 6 février 2025 https://www.rfi.fr/fr/connaissances/20250206-convoitise-americaine-sur-le-groenland-tour-d-horizon-des-enjeux
5. Page internet : « Groenland : immersion dans l’eldorado glacé convoité par Donald Trump » [en ligne], Le Journal du Dimanche, 2025, https://www.lejdd.fr/International/groenland-immersion-dans-leldorado-glace-convoite-par-donald-trump-1550
6. Page internet Groenland : Trump à l'assaut... l'Europe en panique - Reportage C dans l'air : https://www.youtube.com/watch?v=dhWOJbM0Ulw, le 28.01.2025
BARA permet à tous les étudiants qui le souhaitent de publier de manière simple. Il vous suffit de vous inscrire sur la page "publier avec nous" puis de nous envoyer votre travail à l'adresse contact@bara-think-tank.com en s'assurant de bien respecter chaque critère pour les différents formats.
Non ! Que cela concerne les baratins, les baragouins ou les analyses, les propos qui y sont tenus n'engagent que leurs auteurs. BARA ne souhaite en aucun cas corroborer ou infirmer ces propos, et ce, même s'ils peuvent faire l'examen d'une vérification avant leur publication.
Oui ! Pour cela, il vous suffit de nous contacter à l'adresse suivant contact@bara-think-tank.com . Vous devrez préciser en objet de votre mail "Retrait" suivi du format de votre écrit (Baratin, Baragouin ou Publications). Votre mail devra par la suite contenir la référence exacte de la publication.
Non ! Outre la responsabilité de vos propos, publier avec nous ne fait pas de vous un membre de BARA. Vous n'avez pas non plus à publier de manière régulière. BARA offre l'opportunité d'être complètement maître de son activité, chaque étudiant peut choisir son format de publication et son rythme de publication.