L’arme blindée de la Corée du Nord : une force nombreuse mais obsolète

Article publié le Mar 12, 2025
Thomas Lacoste
Master 2 à Ut 1 Capitole
Pour citer ce baragouin :
Thomas Lacoste, "L’arme blindée de la Corée du Nord : une force nombreuse mais obsolète", BARA think tank, publié le Mar 12, 2025, [larme-blindee-de-la-coree-du-nord-une-force-nombreuse-mais-obsolete]

Le char est sans aucun doute le matériel militaire le plus iconique de l’arsenal des forces  armées. Cependant, son utilité et sa viabilité sur le champ de bataille ont été remises en  question à de nombreuses reprises parmi les forces armées occidentales. Ce qui ne fut pas le  cas dans les armées issues de l’école soviétique. En effet, la doctrine de combat de cette  dernière repose sur l’utilisation d’une masse d’unités mécanisées devant écraser sous le  choc et le nombre l’ennemi, faisant du char un outil indispensable. 

C’est cette doctrine que les forces terrestres de la République Populaire Démocratique de  Corée (RPDC) utilisent depuis plus de 80 ans, faisant de ses plus de 4000 chars un outil aussi  indispensable que central. 

La naissance de L’arme blindée nord-coréenne  

À l’image de la République Populaire Démocratique de Corée, l’arme blindée de l’Armée  Populaire de Corée naquit en 1948, au lendemain de la seconde guerre mondiale. Sous  occupation soviétique à la suite de la campagne de Mandchourie et de la libération de la  péninsule de la colonisation japonaise, le nord de la Corée se voit imposer un régime  communiste. 

Dans le cadre de la guerre froide naissante, le bloc soviétique va encadrer la naissance de  l’armée de la Corée du Nord en lui fournissant des cadres, une doctrine et du matériel. Ainsi,  le pays va se voir livrer plusieurs centaines de T34-85 (entre 250 et 400), son premier char à  l’exception de quelques chars japonais capturés. 

Ces derniers feront merveilles quelques années plus tard lors de l’offensive initiale de la  guerre de Corée, en servant de fer de lance à l’offensive du nord. Cependant, ces derniers  seront rapidement anéantis par la dominance aérienne des forces de l’ONU, mais aussi par la  supériorité de la nouvelle génération de chars américains Patton. 

Au lendemain de la guerre, la force blindée est à l’image du pays, totalement anéantie.  Cependant, elle va aussi bénéficier de la solidarité communiste pour se relever. 

L’après-guerre, de la résurrection à l’âge d’or.  

Au lendemain du conflit, les forces nord-coréennes vont pouvoir compter sur leurs deux  alliés, la Chine et l’URSS, pour se reconstituer. C’est l’Union soviétique qui va  particulièrement s’activer en piochant dans ces gigantesques stocks de T34-85 issus de la  seconde guerre mondiale pour alimenter l’armée de la RPDC. Ces transferts, de l’ordre de  plusieurs centaines, seront facilités par l’arrivée en URSS d’une nouvelle génération de chars, les T54/55, chars de première génération post-seconde guerre mondiale, poussant à la retraite  les T34. 

Avec les années soixante vinrent les tensions entre la Chine et l’URSS. Ces dernières furent  dans un premier temps une aubaine pour la RPDC qui pu tirer de la rivalité entre ces deux  parrains le maximum de matériel. De la Chine, la RPDC obtint la livraison de Types 59, la  version chinoise du T54/55 qui servirent en partie à la création de l’artillerie automotrice de  170mm Koskan. Du côté soviétique, ils reçurent des usines de T54/55 et de PT-76, char léger  amphibie qui équipa les unités de reconnaissance, les troupes légères ainsi que les unités  amphibies de l’Armée populaire de Corée. Cependant ces usines se contentaient de monter  des kits en provenance d’URSS. S’y ajouta par la suite la livraison des nouveaux T-62 au  début des années 70.  

La Chine en fut privée du fait des tensions grandissantes entre les deux nations, faisant pour  un temps des forces blindées nord-coréennes une arme plus moderne que celle de l’APL. Mais  plus important encore, en complément du premier lot de T-62, l’URSS livra les plans visant à  leur production locale ainsi qu’une chaîne de montage complète cette fois-ci. 

Cependant, les doutes des Soviétiques sur d’éventuels transferts technologiques de la RPDC à la  République Populaire de Chine conduisirent ces derniers à stopper l’exportation de leur  matériel le plus moderne en Corée du Nord, privant par la suite le pays de chars plus  modernes comme le T-72 ou le T-80. 

Les débuts de la production locale.  

Ne pouvant plus compter sur de nouvelles livraisons soviétiques, si ce n’est pour des pièces  détachées, ni sur les Chinois trop en retard technologiquement, le gouvernement de la RPDC  se lança dans la production locale de chars. Cette volonté de viser l’autonomie des forces  armées découlait aussi de la doctrine autarcique du Juche, la pensée politique officielle du  pays. Les plans du T-62 et la chaîne de production jouèrent un rôle clé dans cette réussite. 

Le complexe militaro-industriel de la RPDC se lança alors dans la production du Ch'ŏnma  (Pégase), une version dégradée du T-62, le meilleur char à leur disposition. Le début de la  production commença au milieu des années 1970. 

Il est à noter qu’à la même époque, la RPDC reçut son dernier modèle étranger de char avec le  Type 62 chinois. Version allégée du Type 59, il ne donna soit pas satisfaction aux forces  armées populaires de Corée, soit le gouvernement préféra concentrer ses ressources sur la  production locale ; en tout cas, les livraisons ne dépassèrent pas les 50 exemplaires et aucun  ne fut repéré en service depuis le milieu des années 90. 

Les années 1990, le renouveau et la crise 

Le Ch'ŏnma connut de nombreuses variantes, notamment à partir des années 90. Le choc  provoqué par le massacre des unités blindées irakiennes par les chars américains durant la  première guerre du Golfe sembla alors traumatiser le commandement de l’armée populaire de  Corée, conduisant à des nouvelles variantes de leurs chars, dotées de nombreuses améliorations. Ainsi vont se succéder les Ch'ŏnma III, Ch'ŏnma IV et Ch'ŏnma V, ainsi que le  Pokpung-ho (Tigre de tempête) en une petite décennie. L’achat ou le vol de chars soviétiques  durant la chute de l’URSS dans les années 90 serait à l’origine de ses améliorations. S’il y a  un consensus sur le fait que Pyongyang ait mis la main sur des T-72, l’obtention de T-80 et de  T-90 est sujette à débat. Cependant, au-delà de véhicules entiers, il est tout à fait possible que  la Corée du Nord ait mis la main sur des composants isolés de ces chars en vue de les étudier  et de les reproduire localement. 

La crise économique des années 90, déclenchée par la fin du soutien économique de l’URSS,  conduisit cependant ses programmes à ralentir faute de ressources, conduisant les dernières  versions du Ch'ŏnma et le Pokpung-ho à n’être présents qu’en relativement faible nombre  dans les unités. Cette crise conduisit aussi à une réduction drastique de l’entrainement des  unités de chars, faute de carburant en quantité suffisante et de certaines pièces détachées. En  effet, si la RPDC possède une industrie capable de produire des chars, cette dernière  connaissait à l’époque certaines problématiques dans la production de moteurs. Le marché  noir ou certains pays peu scrupuleux lui permirent de contourner le problème de production. 

Le MBT-2020, summum des chars nord-coréen ou mascarade ?  

Malgré la multiplication des versions modernisées du Ch'ŏnma et l’arrivée du Pokpung-ho,  ces derniers restent largement surclassés par leurs équivalents sud-coréens et américains,  notamment avec l’arrivée des dernières versions de l’Abrams et du K2 en unité. L’Armée  populaire de Corée se lança donc dans les années 2010 dans le développement d’un nouveau  tank, le Cheonma-2. Ce dernier se veut comme un char de 4ᵉ génération doté d’un équipement  similaire aux chars russes, chinois et occidentaux, et pouvant faire jeu égal, voire les  surpasser. 

Cependant, si sa présence lors de plusieurs défilés et démonstrations ne peut être contestée,  plusieurs réserves subsistent sur ce dernier. En effet, au-delà du fait que la Corée du Nord  possédant un appareil technologique et industriel arriéré et une économie atrophiée puisse  produire un char de ce niveau puisse interroger, s’ajoutent des détails techniques laissant  penser à un faux et à un vulgaire coup de propagande. 

La composition actuelle de l’arme blindée nord-coréenne 

Le T34-85 

Principal char de bataille soviétique durant le second conflit mondial, le T34-85 est un  excellent char moyen pour l’époque, malgré quelques défauts dans la conception des optiques  et dans le confort des cinq membres d’équipage. Cependant, son armement, un canon de  85mm, et son blindage en acier incliné de 90mm effectifs au maximum sont aujourd’hui  totalement dépassés. De manière générale, ce char est totalement obsolète et n’a plus sa place  sur un champ de bataille.

Il équipe les unités de réserve de l’Armée populaire de Corée en deuxième voire troisième  échelon. Leurs missions sont celles de la sécurisation du terrain, notamment dans des missions  anti-partisan ou d’occupation. Dans ce cadre, à condition que les opposants ne soient armés  que d’armement léger, il peut avoir une utilité. Toutefois, la moindre arme antichar, même  datant des années 60, aura raison de lui. 

200 T34-85 équiperaient encore les forces de l’Armée populaire de Corée.

Le T-54/55, Type 59 

Premier char de la première génération, il est l’héritier doctrinal de la Grande Guerre  patriotique. Robuste, rustique, abordable, résistant et doté d’une bonne puissance de feu, il fut  le cheval de bataille des forces de l’est jusque dans les années 80, où il finit par être relégué  au second échelon. Cependant, il reste le char de bataille principal de nombreux pays,  notamment parmi les pays les moins développés, encore de nos jours. 

Si son canon de 100mm est maintenant obsolète contre les chars modernes et les VCI les plus  modernes, il reste une menace importante contre les véhicules moins blindés comme les APC,  les VCI les plus légers, mais aussi les chars de réserve, comme les Patton sud-coréens. 

Son blindage de 200mm effectif au maximum ne le protègera pas contre de l’armement  antichar moderne, même le plus léger. Ses optiques sont archaïques à l’image de ses moyens  de communication et de pointage. 

1800 de ces chars équiperaient l’armée populaire.

Le T-62 

Char de seconde génération soviétique, le T-62 est, à l’image de ses prédécesseurs T54/55 un  char moyen et manœuvrable. Légèrement plus grand et haut que le T55 avec qui il partage  plus de 60 % de ses pièces, sa puissance de feu a été améliorée avec un canon de 115mm,  premier du monde à âme lisse afin de pouvoir tirer des obus-flèches. Son blindage en acier est  porté à un maximum effectif de 245mm et ses optiques ont été améliorées, notamment via  l’ajout de capteurs infrarouges. 

Cependant, si le T62 est une amélioration certaine du T54/55 et Type 59, il reste totalement  dépassé par la presque totalité des chars en service dans les armées que la RPDC pourrait  avoir à affronter. Ses systèmes de communication, de pointage et d’optiques sont  particulièrement inférieurs. 

S’il représente une menace pour tous les véhicules faiblement blindés et les chars de réserve  de l’armée sud-coréenne, il reste largement dépassé par les chars de première ligne vis-à-vis  desquels il ne peut espérer triompher que dans des situations très favorables (attaque de flanc,  combat à très courte portée…).

Le Ch'ŏnma 

Premier char produit par la Corée du Nord, le Ch'ŏnma est une copie dégradée au niveau des  optiques et du pointage du T-62. Cependant, les versions suivantes vont apporter des  modifications de plus en plus importantes. 

Le Ch'ŏnma II est la première de ses versions. Il s’agit de fait d'une remise à niveau du  Ch'ŏnma, notamment au niveau du pointage, afin d’obtenir un char aux capacités égales à  celles du T-62 d’origine. De plus, sa tourelle a été retravaillée afin d’offrir plus de place pour  l’équipage, de l’équipement additionnel ou des munitions supplémentaires. 

Le Ch'ŏnma III connait quant à lui des modifications majeures. Il se voit doté au niveau de la  protection d'un blindage composite et de brique réactive ERA. Son système de pointage est  modernisé et il se voit doter de lance-grenades fumigènes afin d’augmenter sa survivabilité.  S’y ajoute une remotorisation afin de supporter le poids supplémentaire tout en lui offrant une  mobilité renforcée. Apparu au début des années 90, il est possible que ses modifications soient  le résultat de l’achat ou du vol de composants de chars soviétiques plus modernes rendus  accessibles avec la chute de l’URSS. 

Le Ch'ŏnma IV est une amélioration du Ch'ŏnma III. Au-delà de la tourelle, qui fut une fois de  plus agrandie, il semblerait que les systèmes d’optique et de pointage furent améliorés, peut être avec du matériel iranien dérivé des Chieftains britanniques en service dans les forces de  la république islamique d’Iran. Il sortit en petite série en 2001. 

Le Ch'ŏnma V est la version de série du Ch'ŏnma IV. Il est toutefois doté d’un blindage  supplémentaire en céramique. 

Si les dernières versions du Ch'ŏnma sont dotées d’améliorations bienvenues, elles restent  cependant largement inférieures aux chars de première ligne que peuvent leur opposer la 

Corée du Sud, les USA ou encore le Japon. Seul leur nombre, très important et rendu possible  par leur faible cout de fabrication, peut leur donner un avantage. 

Ils sont présents à plus de 1800 exemplaires dans les arsenaux de la RPDC, majoritairement  des premières versions. 

Le Pokpung-ho 

Le Pokpung-ho est un char entre la seconde génération et la troisième, le Pokpung-ho est un  mélange de T-62 et de T-72 avec peut-être quelques éléments de T-80. Il possède une  meilleure protection, une électronique supérieure et surtout une puissance de feu égalant enfin  ses opposants avec un canon de 125mm. Il est cependant à noter que les munitions antichars  nord-coréennes restent largement inférieures à celles des Occidentaux. Cette infériorité  s’explique en partie par le manque de matériaux stratégiques (tungstène et uranium appauvris)  nécessaire à leur conception. Il est cependant possible qu’ils aient acquis ou produit en petite  quantité des munitions plus efficaces que celles utilisées par la majorité de leurs troupes. 

Meilleur char de la RPDC actuellement en service, il reste encore une fois inférieur à ses  opposants, notamment en matière de protection et d’électronique (optique, ciblage et  communications). 

De par son cout et la difficulté que rencontre la RPDC à se fournir en certains matériaux, il ne  fut produit qu’à environ 200 exemplaires.

Le Cheonma-2 

Présenté en 2020, il se veut comme un char de 4ᵉ génération capable de surpasser n’importe  quel char actuellement en service. D’un aspect moderne ressemblant vaguement au T14  Armata russe, il possèderait un nouveau blindage composite ainsi qu’une électronique  moderne dont de l’imagerie thermique lui donnerait de vraies capacités de combat nocturnes.  La présence de 4 hommes d’équipage laisse imaginer l’absence de chargeur automatique ;  cependant, il est doté d’un APS, ressemblant au Afganit russe, augmentant grandement sa  survivabilité. 

Il représenterait un saut qualitatif impressionnant pour l’Armée populaire de Corée ; toutefois,  des doutes existent sur la réalité du char ou, du moins, des caractéristiques données. La  position des optiques rappelant un peu trop le T-62 et étrangement placées dans le blindage,  l’aspect plastique de ce dernier ou encore l’énigme économique et technologique que  représenterait la création d’un tel tank par un pays aussi pauvre et arriéré laissent planer le  doute. Il pourrait en effet s’agir d’une vulgaire maquette mobile ou d’un char bricolé et sans  réelle capacité de combat, visant uniquement des buts de propagande, stratégie dont  Pyongyang a fait sa spécialité. 

Une grosse dizaine d’exemplaires serait en service à des fins d’essai.

Le PT-76  

Le PT-76 est un char léger de conception soviétique des années 60. Il a pour rôle les missions  amphibies et de reconnaissance. Son blindage maximum effectif est très léger, 15mm, à peine  de quoi soutenir des tirs de mitrailleuse. Son canon de 76mm lui offre des capacités anti-char  minimales, même s’il reste une menace pour les blindés légers et l’infanterie. Son principal  

atout réside dans sa faible masse (14 tonnes) et sa grande mobilité, même s’il est relativement  lent, surtout pour un char de son poids. 

Produit à plusieurs centaines d’exemplaires, il est remplacé par le Shin'heung (Modèle 1981).  Cependant, il pourrait toujours être en service dans les unités de réserve en un nombre  inconnu. 

Le Shin'heung (PT-85) 

Il s’agit d’un char léger lourdement inspiré du PT-76 soviétique. Construit à partir d’un  châssis de VTT-323, un transport de troupes chinois et d’une tourelle ressemblant à celle du  PT-76, mais agrandie pour recevoir un canon de 85mm. Le blindage et la vitesse ont été  améliorés ainsi que l’électronique, et cela au prix d’un poids plus élevé. Un missile antichar  complèterait son armement, mais des doutes sur son utilisation persistent. 

Il possède des capacités de combat légèrement meilleures que le PT-76, mais reste surclassé  autant par les chars que par les VCI. 

Plus de 500 exemplaires seraient en service.

En Conclusion 

Les lecteurs les plus avertis auront remarqué que nous n’avons pas abordé certains armements  secondaires des chars nord-coréens, notamment les nombreux MANPADs pouvant être  observés sur les tourelles de ces derniers lors des défilés. Cette omission volontaire découle  du fait qu’en combat, il y a bien peu de chances que ces derniers soient véritablement  installés. En effet, ils seraient très difficilement manipulables par l’équipage, qui se mettrait  en plus en danger pour les utiliser. À cela s’ajoute que leur position les rend très vulnérables  et exposent le char à des dégâts dus à leur destruction, sur la partie la plus faible du blindage,  le toit. Leur présence lors des défilés réside donc plus dans la volonté du régime d’accroitre  l’agressivité et l’apparence de puissance de ses forces dans un but purement de propagande  que d’un véritable ajout. On peut retrouver le même objectif avec les lance-missiles de  tourelle du Cheonma-2, totalement inutiles, le canon de 125mm offrant un pouvoir de  destruction supérieur, tout en risquant d’endommager le char lui-même en cas de destruction. 

Si le régime a recours à de tels stratagèmes, autant pour impressionner sa population que pour  intimider ses adversaires, c’est parce que l’état général de ses forces est très préoccupant. Au delà de son équipement qui est majoritairement d’un autre âge et totalement dépassé par celui  

détenu par ses opposants, la doctrine d’emploi de ses chars est elle aussi obsolète. Les vastes  vagues d’assaut mécanisées la définissant, sans protections adéquates, sont grandement  vulnérables aux drones, aux munitions vagabondes et à d'autres armements antichar à longue  portée. S’y ajoutent les contraintes logistiques et de C2 (commandement et contrôle)  nécessaires pour diriger de telles actions et dont les infrastructures seront impitoyablement  frappées par un adversaire ayant la domination des cieux (Voir : L’aviation de combat nord coréenne : une arme en décrépitude). D’autant plus qu’avec les embargos que subit  l’économie du pays, les armées de la Corée du Nord manquent de carburant et de certaines  pièces détachées difficilement usinables par lacunes technologiques ou de matériaux,  entraînant des manquements dans l'entraînement.

De ce fait, le pays mise sa survie dans la dissuasion, d’abord conventionnelle, en essayant de  faire paraître ses forces, notamment blindées, plus impressionnantes qu’elles ne le sont, en  attendant que le développement de sa dissuasion nucléaire permette de sanctuariser le pays. 

Toutefois, le rapprochement entre Moscou et Pyongyang peut présager des jours meilleurs  pour la force blindée nord-coréenne. Si les pertes subies en Ukraine et la fonte des stocks  hérités de l’ère soviétique rendent inenvisageable une livraison de blindés à la RPDC dans  l’immédiat, un transfert de technologie est tout à fait envisageable. Ensuite, après la fin du  conflit, Moscou pourra compter sur une industrie de défense en ordre de marche pour  alimenter gracieusement ou non son allié en tanks modernes. La BITD russe en manque de  prospects pourrait trouver en la Corée du Nord et ses forces blindées fortes de plus de 4000  chars un eldorado, à condition de trouver un accord de financement.

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